Actualités
de la technologie
|
|
|
Vincent
Autefage, étudiant en troisième année d’informatique à l’Université de
Bordeaux 1, n’est pas du genre à contourner la difficulté. Etant insatisfait
des partages de données sur les serveurs, il a créé son propre logiciel pour
résoudre leurs inconvénients.
Récompensé par l’Université qui lui a décerné le prix Isabelle Attali (1) pour ses recherches, son parcours universitaire et personnel, il explique sa démarche « à l’université comme dans les infrastructures importantes, on centralise tous les fichiers sur un serveur pour que l’équipe qui travaille sur le même projet puisse en temps réel avoir accès aux données des membres concernés et à leur actualisation. Le problème, c’est qu’il faut avoir un accès internet, créer un projet au préalable en ayant défini les utilisateurs qui en ont l’accès libre et le paramétrer pour savoir qui a le droit de faire quoi ». Tout en poursuivant ses études en informatique, Vincent a alors décidé de se créer son propre logiciel. « Je voulais éviter tous ces inconvénients car lorsqu’on travaille en petit groupe de 3-4 personnes, ce système devient beaucoup trop lourd. » Il a alors mis au point un système d’échange de fichiers sans avoir besoin de passer par un lieu de centralisation des données. « Le logiciel créé un dossier virtuel, une sorte d’image où on peut visualiser les dossiers de chaque personne mais en réalité tout est dispatché. Ce système est très rapide car il n’y a pas de copie de fichier mais une simple image. » Si on veut « entrer » dans le fichier, il est alors récupéré chez l’utilisateur où il se trouve; le tout utilisant le réseau local environnant. Il est donc utilisable en interne d’une structure, comme l’université ou une entreprise. « On n’a plus besoin de passer d’un étage à l’autre de la faculté avec sa clef USB pour partager ses données avec son collègue », se réjouit Vincent Autefage. Et d’ajouter : « quand mon projet aura abouti, je pourrai le mettre en accès libre pour que chacun puisse l’améliorer ou le compléter ». En attendant, il préfère se donner le temps de finaliser l’ergonomie de son logiciel. (19 juin 2009) (1) Ce prix porte le nom d’une ancienne étudiante de l’Université Bordeaux 1 qui a commencé au début des années 80 un parcours exemplaire constitué d’un DEUG scientifique, d’une Licence et d’une Maîtrise d’Informatique. Elle a ensuite rejoint Nice où elle a obtenu un DEA puis a préparé à l’INRIA Sophia Antipolis une thèse, poursuivie par une carrière brillante de chercheur dans cet organisme. Malheureusement, Isabelle a été victime au Sri Lanka du Tsunami du 26 décembre 2004 qui a mis brutalement fin à sa vie ainsi qu’à celle de ses deux enfants. Le prix, conjointement décerné par l’Université et la Ville de Talence, est créé pour perpétuer sa mémoire. Il récompensera chaque année une étudiante ou un étudiant en troisième année de Licence mention informatique à Bordeaux1. La Ville de Talence s’est associée à cette initiative par une délibération du Conseil Municipal votée à l’unanimité. La lauréate ou le lauréat sera désigné au vu de ses résultats universitaires au cours des trois premières années d’étude et d’un travail personnel démontrant curiosité et créativité vis à vis des matières enseignées. Elle ou il devra montrer des aptitudes à la recherche scientifique et une personnalité affirmée. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Légende photo : Stéphane Chanthapanya et Jean-Louis Miane présentent leur boîtier commercialisé sous le nom d’Humifruit. |
|
Les anciennes bouteilles de vin, véritables objets d’art, peuvent désormais être datées grâce aux recherches d’Arcane, la cellule de transfert technologique du Centre d’études nucléaires de Bordeaux Gradignan (CENBG). Arcane, à la demande de la société londonienne « The Antique Wine Company », spécialisée dans le commerce international de vins fins a en effet trouvé un moyen d’authentifier quelques-unes des 10 000 bouteilles annuelles que la société achète ou vend pour le compte de ses clients. L’analyse de ces bouteilles par Arcane repose sur l’étude du rayonnement X émis lorsqu’on les place sous un faisceau d’ions produit par l’accélérateur de particules de la plate-forme AIFIRA. Cette technique permet de vérifier aussi bien l’ancienneté du verre des bouteilles que leur provenance et donc d’authentifier le cru, un peu comme la signature d’un peintre sur un tableau de maître. L’avantage de ce procédé réside dans le fait que l’on peut vérifier le cru sans avoir besoin de l’ouvrir ce qui conserve donc toute sa valeur originale. Une fois le verre étudié, les résultats obtenus sont comparés avec la base de données déjà constituée par Arcane. Celle-ci rassemble des informations sur le verre de 80 bouteilles de vins rouges du Bordelais, du 19ème siècle à aujourd’hui, notamment de grands crus de St Émilion ou du Médoc. Cette authentification est possible grâce à la complexité des processus de fabrication du verre qui ont évolué au cours du temps et la diversité des centres de production verriers qui donnent à chaque objet une « signature » multi-élémentaire caractéristique. 160 bouteilles vont, dans un premier temps, être traitées afin d’alimenter la base de données. A partir de novembre, c’est une société privée, créée pour l’occasion, qui assurera la certification des bouteilles. (08 sept 2008) |
|
(1) Alphanov est le Centre de
Ressources Technologiques du Pôle de Compétitivité Route des Lasers. Il
apporte les moyens technologiques nécessaires au soutien des projets innovants
de R&D industrielle porteurs de croissance et d’emploi, sur les marchés de
l’aéronautique, du médical, de la micro-électronique... Il emploie une dizaine
d’ingénieurs et spécialistes des technologies et du transfert. Il dispose d’un
parc laser très diversifié, de moyens d’imagerie et de métrologie dédiés.
Alphanov est soutenu par l’Union européenne, l’Etat et le Conseil régional d’
Aquitaine.
Légende photo: les membres de la plateforme lasers à fibre (de gauche à droite) : Lionel Pujol (Alpha), François Salin (Eolite systems), Eric Cormier (laboratoire Celia), Yohann Zaouter (Amplitude Systèmes), Emmanuel Hugonnot (CEA Cesta), Mathieu Antoina, Sébastien Ermeneux et Benoît Appert-Collin (Alphanov) / Crédit Photo Alphanov |
|
Bien plus ambitieux que
les constructions HQE (Haute Qualité environnementale) qui impliquent
simplement une économie d’énergie, les bâtiments « Kyoto » visent, eux, à
générer entièrement l’énergie qu’ils consomment. Ils figurent au top du top
des démarches d’éco-construction. En Aquitaine, la procédure de conception de
deux lycées neufs « Kyoto » a justement été lancée en 2008 par le Conseil
régional d’Aquitaine. Ils devraient voir le jour dans les prochaines années à
Bègles en Gironde et à Bergerac en Dordogne. Ces bâtiments neufs s’inscriront
dans des critères « basse consommation » et répondront également à l’objectif
de diviser au moins par six les émissions de gaz à effet de serre, suivant
ainsi les objectifs du protocole de Kyoto. Un seul lycée de ce type existe
actuellement en France et même en Europe. Il ouvrira ses portes en 2009 à
Poitiers. Garantie « Zéro énergie fossile », il n’utilisera ni gaz, ni
charbon, ni pétrole. Tout a été conçu pour permettre au bâtiment de produire
lui-même l’énergie dont il a besoin en termes de chauffage et d’électricité:
échangeurs et récupérateurs de chaleur, système de micro-cogénération à
l'huile végétale, isolations renforcées, capteurs photovoltaïques, toitures
végétalisées, verrières, récupération des eaux de pluie pour les sanitaires et
l‘arrosage…
|
|
* en collaboration avec l’école doctorale de mathématiques et d’informatique de l’Université Bordeaux 1 Crédit photo: CEMAGREF / DUTARTRE A. |
|
|
|
Les équipes R&D de la société bordelaise Immersion, spécialiste de solutions dans le domaine de la réalité virtuelle et de la simulation visuelle, viennent de donner naissance à un petit bijou technologique : une table de projection interactive. Elle permet de manipuler tactilement des documents et notamment des images. Un simple effleurement des doigts sur la table permet de déplacer, tourner, agrandir, isoler, éclairer plus fortement les images projetées. Autre atout : six personnes peuvent se tenir confortablement autour de la table afin de travailler conjointement sur les documents virtuels. Enfin, des objets physiques posés sur la table peuvent également interagir avec des objets virtuels. Des architectes, par exemple, pourraient ainsi mélanger des maquettes physiques de bâtiments à des plans de construction virtuels. L'envers du décor est fait d'un vidéoprojecteur, d'une caméra et d'un PC, tous dissimulés dans le socle de la table. L'illumination des documents se fait au moyen d'un système infrarouge qui permet une utilisation multi-points. Développée à la demande de l'Europe, la « Immersion Table », en phase aujourd’hui de production et de commercialisation, aura requis environ sept mois de développement. (22 mai 2008)
|
Propice au travail en équipe, la table de visualisation d’Immersion, permet à six personnes de manipuler images et applications du bout des doigts. |